1°/ Les principales langues officielles dans le monde

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Toute langue est le produit d’une histoire culturelle, politique et économique. La répartition actuelle des langues s’explique par l’histoire des sociétés : des ensembles mi-impériaux et mi-nationaux, des conquêtes, plusieurs langues européennes avec la colonisation. Ainsi, la répartie géographique des langues résulte de l’histoire des peuples, des combats livrés entre eux, des victoires des uns et des défaites des autres.

Les langues dominants sont souvent l’instrument d’expression de peuples anciens et puissants comme avec l’aire chinoise, coréenne, japonaise, persane et russe. Bref, la construction linguistique dépend de la construction impériale ou nationale : l’histoire d’une langue, c’est l’histoire d’un peuple et d’une culture qui a survécu. Ainsi, la Chine, véritable masse humaine, a été dirigée par des empereurs voulant isoler la Chine, centre du monde. Tout comme le Japon, ou la Russie avec les tsars et ensuite le régime soviétique.

Puis se dessinèrent d’autres espaces impériaux. L’arabe, avec la diffusion de l’Islam au VIIe siècle s’étend à partir de la péninsule arabique au Proche-Orient, à l’Empire byzantin et au sud de la Méditerranée. C’est aussi le cas des langues de l’ensemble turc qui s’implanteront en Anatolie.

Et à partir du XVe siècle, les puissances européennes partent à la conquête de nouveaux pays : le Brésil s’exprime en portugais, le reste de l’Amérique latine en espagnol, les États-Unis et l’Australie en anglais, le Canada en anglais et en français, une grande partie de l’Afrique occidentale en Français : cette répartition n’est dû qu’à la colonisation.

L’anglais, une langue universelle ?

La diffusion de l’anglais, comme une langue officielle dans de nombreux pays, s’explique par trois facteurs : l’héritage de l’Empire britannique, dits les États du « Commonwealth blanc » (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande. Ces pays étaient peuplés de descendants de colons britanniques. La puissance des États-Unis, grand bénéficiaire des conflits du XX siècle et enfin le besoin d’une langue unique pour les activités mondialisées comme l’économie et les finances ont aussi eu un rôle dans ce rayonnement planétaire de l’anglais. Mais ces langues dites universelles s’imposent en réalité dans des cercles limités mais détenant richesses et pouvoir.

La prolifération des revendications linguistiques.

Alors que l’Anglais devient une langue universelle grâce à la mondialisation, des revendications se multiplient portées par le droit de chacun à être soi-même et par les principes de la démocratie. Alors qu’au XIXième siècle, ces langues locales semblaient destinées à disparaître, depuis les années 1980, elles retrouvent leur légitimité. Le flamand, le basque, le corse ou le catalan deviennent donc le support d’une nouvelle fierté, celle d’un peuple qui a surmonté la répression et le mépris.

2°/La langue française dans le monde

Aujourd’hui, avec plus de 120 millions de locuteurs, cette langue romane issue du latin fait partie des douze premières langues parlées dans le monde : outre la France, une partie de la Belgique et de la Suisse, le Québec et encore comme langue seconde l’Afrique occidentale et équatoriale, les « îles » (Antilles, Maurice, Réunion) et dans une certaine mesure le Maghreb, le Liban, des pays d’Europe orientale (Roumanie, Bulgarie, Moldavie). Mais le français rencontre le défi de l’anglais ces dernières années mais aussi des autres langues européennes et régionales.

Du XVIIIe siècle aux deux guerres mondiales, la langue française est à son apogée comme langue internationale : c’est la langue des salons, des diplomates, des penseurs. AU XVIIIe siècle, ce sont les philosophes des Lumières (Voltaire, Montesquieu, Diderot) qui développent cette idée. Certes la France est une grande nation mais il est pourtant temps de limiter son influence : l’Allemagne vainc la France en 1871 alors qu’elle aidait à la construction de l’unité italienne. L’Allemand et l’Italien prennent alors leur importance moderne. Mais le français s’étend ailleurs avec l’Empire colonial en Afrique et même en Asie (Liban et Indochine). Après des défaites, la France est à l’initiative de la construction européenne avec comme capitales Strasbourg et Bruxelles. Au début, la Communauté Européenne travaille et négocie en français.

Aujourd’hui, le français subit l’influence grandissante de l’anglais « langue universelle » dans les technologies, les sciences et l’économie… mais il reste une langue encore utilisée dans le monde notamment à l’ONU. Mais outre l’anglais, d’autres pôles linguistiques se créent comme en Espagne et au Portugal avec l’Amérique latine. L’Allemagne revendique aussi son égalité linguistique avec le français et l’anglais dans les organisations européennes. De plus, la zone « francophone » (Maghreb, Afrique occidentale) souffre d’un manque de réussites économiques et politiques. Seul le Québec en dehors de l’Europe connaît un grand succès. Le français est confronté à des phénomènes régionalistes de plus en plus nombreux : le corse, le breton, l’alsacien, le basque et le catalan… L’État veille pourtant à ce que le français reste la langue commune, celle de la République française.

Aujourd’hui, défendre le français, c’est défendre une pluralité culturelle et c’est aussi accepter que le français soit une langue parmi d’autres…