2°/ Les grandes puissances coloniales

La colonisation appartient au passé. Du XVIe siècle aux deux guerres mondiales, les puissances européennes se sont partagés le monde. Mais ces puissances ont perdu leurs empires. C’est la grande vague de la décolonisation. L’URSS, dernier grand empire, s’effondre en 1991. La colonisation a unifié la Terre ; elle a diffusé des concepts universels comme l’État souverain, le développement économique, les droits de l’Homme…

Au fil des siècles. Dès le XVe siècle, le Portugal et l’Espagne deviennent les deux grandes puissances coloniales, Christophe Colomb, avec la découverte de l’Amérique, ouvre une nouvelle phase de la colonisation ; celle de l’Amérique du Sud où l’on parle aujourd’hui Espagnol et Portugais. Suivent ensuite de nouvelles puissances européennes comme les Pays-Bas, la France et le Royaume-Uni. Les États-Unis, avant colonie britannique, est la première à devenir indépendante, avec le soutien de la France au XVIIe siècle. Puis au XIXe siècle, la Chine est mise sous tutelle mais le Japon, échappant au même sort, devient lui-même une puissance coloniale (Corée, Taiwan). Deux zones restent à partager : l’Afrique envahie par les États européens à la fin du XIXe siècle et le Moyen-Orient, dirigé par l’Empire ottoman, que se disputent l’Angleterre et la France à l’issue de la Première Guerre Mondiale. De plus la Russie conquiert la Sibérie ; les États-Unis s’approprient l’est et le sud des États-Unis d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, encore des traces. L’Amérique et l’Afrique restent sans doute les continents les plus touchés par la colonisation. L’Amérique du Nord et le sud du Brésil perdent la plupart de leurs habitants originels ; divisés entre des États de type européen et encore quelques amérindiens des temps précolombiens. En Afrique, trois siècles après la colonisation de l’Amérique, les populations locales saignées par l’esclavage ne subissent pas le quasi-anéantissement des Indiens d’Amérique du Nord. Il en résulte une Afrique partagée en une cinquante d’États, aux frontières tracées par les colonisateurs. L’Asie, elle, entre en convulsion sous le choc de cette colonisation : effondrement de la Chine impériale, expansionnisme japonais et guerres de libération nationale. Les valeurs occidentales pénètrent l’Asie. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’Asie « décolle » économiquement. Et le Moyen-Orient, protégé par d’anciens empires, est la dernière région à tomber sous l’emprise européenne après la Première Guerre Mondiale. L’Europe sème ses idées et tente de se débarrasser du problème sioniste qui promet aux Juifs du monde entier un foyer national en Palestine.

2°/ La guerre froide

De la Deuxième Guerre Mondiale aux années 1989-1991, la guerre froide oppose l’Ouest, le camp capitaliste et libéral, à l’Est, le camp soviétique et presque « communiste ». Chaque camp a pour objectif de rallier toute l’humanité à son idéologie : la planète entière est ainsi mobilisée. En 1989-1991, l’Occident « gagne » ou plutôt « l’Est perd ». L’URSS se dissocie et s’effondre par la suite. La guerre froide aura fait 15 millions de victimes, la plupart étant des civils.

La guerre froide commence en 1917 avec les Révolutions en Russie devenue Union Soviétique. Le « socialisme marxiste » naît alors et les pays occidentaux (France, Royaume-Uni et États-Unis) comprennent que ce sera un défi redoutable. Pendant la guerre et la menace nazie, l’Occident et l’URSS s’unissent. En 1945, après la défaite de l’Allemagne et du Japon, deux blocs s’affrontent : l’Ouest, dirigé par les États-Unis et l’Est par l’URSS. Chacun étend alors son emprise par différents moyens. La naissance de l’arme nucléaire et du missile intercontinental contraint les deux ennemis à une maîtrise et à des efforts : une guerre nucléaire et ses dégâts n’est gagnée par personne. Un dialogue s’installe entre Washington et Moscou. La course aux armements est lancée et les deux blocs empêchent d’autres puissances de posséder cette arme. Mais la guerre ne faiblit pas, chaque camp essayant de chercher les vulnérabilités de l’autre.

Dans le tiers-monde, des alliances se forment également : la Chine communiste et l’URSS aident le Viêt Nam à vaincre les États-Unis alors que ceux-ci soutiennent l’Afghanistan contre l’occupation soviétique. Puis durant l’automne 1989, le bloc soviétique s’effondre et deux ans plus tard, l’URSS n’existe plus. Cette défaite s’explique par trois raisons :

- l’URSS, moins développée que les États-Unis, s’efforçait à vouloir les rattraper. L’URSS, à bout de souffle, s’écroule donc économiquement, ruinée par la course aux armements : le plan quinquennal introduit par Staline est efficace pour les industries lourdes mais se révèle incapable d’intégrer les révolutions technologique, électronique et informatique.
- au niveau de la population, l’URSS ne parvient pas à lui fournir une véritable prospérité et ne lui offre que censure et répression en ce qui concerne les libertés individuelles.
- l’ambition révolutionnaire de l’URSS a été profondément ralentie et s’est vite aperçue impossible : le régime de moins en moins totalitaire est devenue inefficace après la mort de Staline en 1953. Son dernier chef, Gorbatchev, se rend compte de cette impossibilité de relance économique ; l’URSS se disloque en 1991.