1°/ Densité de population

Des facteurs essentiels

Les humains s’installent d’abord au bord des cours d’eau, des lacs et sur les côtes. L’Asie des moussons qui regroupe près de la moitié de la population mondiale offre des facilités agricoles importantes. Un des facteurs est donc le climat et le relief. Et depuis deux siècles, le principal facteur de cette répartition est le progrès technique : la révolution industrielle chasse les hommes des campagnes et les entasse dans d’énormes agglomérations. Mais la vie est parfois plus misérable : un milliard d’hommes vit dans les bidonvilles.

Une répartition inégale

- Les foyers de peuplement.

L’Asie s’impose donc comme la zone des plus fortes concentrations démographiques. Les hommes cherchent d’abord l’eau et la chaleur, favorables à l’agriculture. Et depuis la modernisation technique, des centaines de millions de paysans sont chassés des campagnes, poussés vers les villes, en quête de travail. Les autres concentrations de population sont l’Europe occidentale et les États-Unis. C’est tout d’abord le fruit de l’histoire. A partir du XV siècle, l’Europe « invente » la modernité. Les populations européennes augmentent jusqu’au XX siècle, pourtant parsemé par des guerres, la colonisation du monde. Et aujourd’hui l’Europe stagne à 780 millions d’habitants. Cela est du à la maîtrise de la natalité, avec dans certains pays de l’est un solde naturel négatif, compensé par l’arrivé de plus d’un million d’immigrés par an. L’Europe reste un continent très densément peuplé avec un taux d’urbanisation de 75%. Les populations des États-Unis se concentrent sur la côte des océans ou des Grands Lacs. C’est aujourd’hui une terre d’immigration, mais parfois clandestine.

D’autres zones connaissent aussi à leur tour le poids de la démographie, comme le Moyen-Orient et l’Afrique. Au Moyen-Orient, les concentrations de la population (notamment Égypte et Palestine) alimentent les tensions économiques et politiques entre les populations. Quant à l’Afrique, elle apparaît comme un immense et vide territoire malgré des zones de forte densité de population : en particulier au Nigeria, dans les Grands Lacs, en Afrique du Sud.

- Les endroits « vides ».

De vastes espaces demeurent inoccupés : la quasi-totalité du Canada, l’Amazonie, le Sahara, la Sibérie, l’essentiel de l’Australie. Les hommes, exceptés quelques nomades attachés à leur mode de vie, sont arrêtés par l’hostilité de la nature : désert ou végétation très dense, climat extrême. Les ressources comme le pétrole, les minerais ne sont donc pas convoitées.

2°/ L’évolution de la population

Entre continents

Deux géants, l’Inde et la Chine, rassemblent un tiers de la population mondiale. Ces deux états entrent à présent dans le jeu économique mondial. Autour de la Chine et de l’Inde, l’Asie est le continent des « colosses démographiques » : l’Indonésie, le Pakistan, le Japon…

L’Europe est le continent des pays de taille moyenne. Trois états, l’Allemagne, la Russie et la Turquie, n’entrent pas dans ce schéma ; l’Allemagne pendant près d’un siècle déséquilibre le continent, aujourd’hui du fait de la chute de la natalité, elle s’aligne comme les autres. La Russie avec ses 175 millions d’habitants demeure à part même si sa natalité s’effondre. Et la Turquie se revendique européenne alors que sa démographie garde la vigueur d’un pays du tiers-monde.

Mais avec d’autres pays (États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), l’Europe se situe à l’avant-garde de la transition démographique, l’Europe occidentale libérale et l’Europe orientale ex-communiste ne se distinguant pas dans ce domaine. Le facteur déterminant est le degré d’éducation : la maîtrise de la fécondité par les femmes (contraception à l’Ouest, avortement à l’Est).

Le Moyen-Orient se définit, lui, par une forte poussée démographique, facteur de tensions dans une zone déjà lourde de conflits. L’Afrique frappe aussi par sa dynamique démographique, indissociable de son grave retard économique. L’Afrique est aussi touchée par le sida. Mais l’Afrique du Sud reste un cas à part, avec une démographie mi-européenne, mi-africaine.

L’Amérique, elle, est divisée entre l’Amérique du Nord, riche et engagée dans la transition démographique, et l’Amérique du Sud, très inégalement développée et souvent encore en phase de croissance démographique. Le Mexique reste un état à la fois du Nord et du Sud. Les États-Unis maintiennent une certaine vigueur démographique du fait de la forte immigration, venue du Mexique.


Une population en voie de vieillissement ?

Des pays démocratiques riches sont aujourd’hui confrontés au vieillissement de leur population comme en Europe occidentale, aux États-Unis, au Japon, malgré leurs traditions (par exemple, l’effondrement de la natalité dans les pays les plus catholiques). Ce groupe inclut aussi des pays plus pauvres comme la Roumanie et l’Ukraine.

Il y a enfin la Chine, soumise à une politique de l’enfant unique, tout comme l’Inde. Plusieurs pays encore en développement connaissent une chute rapide de la fécondité comme le Mexique, l’Indonésie et le Brésil… Pourtant, la transition démographique a été réalisée par les Occidentaux en plus d’un siècle alors que celle du tiers-monde a été accomplie seulement en un demi-siècle.

Et viennent aussi les zones qui semblent encore en poussée démographique comme le Moyen-Orient, le Maghreb et la quasi-totalité de l’Afrique « noire » ainsi que de l’Amérique andine. Le lien entre pauvreté, insuffisante éducation et forte natalité est évident. Au Moyen-Orient et au Maghreb, l’impact de l’islam et donc du statut des femmes dans les pays musulmans sur la natalité est difficile à apprécier.