Au printemps 2001, en Picardie, plusieurs villes de notre département ont été touchées par les inondations, sans doute provoquées par les pluies et les marées, mais aussi par l’irresponsabilité des hommes. Nous allons d’abord présenter la catastrophe puis l’organisation des secours, ensuite les différentes causes des inondations en terminant par les améliorations faites depuis.

I. Les événements

a) Dates et lieux

Les inondations se sont produites en mars et en avril 2001 (du 28 mars au 25 avril). Plusieurs villes ont été touchées : Amiens, Abbeville, Boulogne s/ Mer (située dans le département du Pas-de-Calais, dans la région du Nord-pas-de-Calais), et d’autres villes situées près de la Somme.

b) Ampleur de la catastrophe

Les inondations sont importantes par l’ampleur et la durée des montées des eaux. Pourtant la Somme n’est pas considérée comme un fleuve avec des crues catastrophiques. Sous l’effet des pluies et des marées, plusieurs centaines de maisons et de familles ont dû être évacuées, face à l’ampleur des dégâts. Plus particulièrement, la Somme a connu de très hautes précipitations en particulier à Abbeville (avec 776 mm d’eau en octobre 2000 jusqu’en mars 2001) mais Boulogne s/ mer a aussi été très touchée (1002 mm d’eau). Jusqu’à deux mètres d’eau, des milliers de maisons ont été inondées. Plus de 108 communes ont été touchées, plus de 2000 habitations inondées, plus de 1000 personnes évacuées. Les particuliers, les entreprises et les collectivités publiques ont été surpris de l’ampleur des dégâts.

somme

Carte de la Somme et de son canal

Voici les différentes dates montrant le nombre de communes, de maisons inondées ainsi que les personnes évacuées et les observations.

Dates

Communes inondées

Habitations inondées

Personnes évacuées

Observations

18-23 mars

Signalements localisés (mouvements de terrain, caves inondées)
Interventions limitées des services de secours
Premières évacuations le 23 mars.

24-28 mars

<50

<100

<100

29-30 mars 

51

125

112

31 mars -

1er avril

<55

337

326

2-3 avril

56

1021

410

4-8 avril

64

<1200

>600

Dégradation du réseau ferré le 6 avril

9-14 avril

85

2422

937

Forte progression de la crue

15-21 avril

113

2560

1029

Stabilisation haute

22-25 avril

117

2800

>1000

Stabilité sauf à Abbeville

26-30 avril

125

1500

>1100

Révision du décompte des maisons inondées, stabilisation relative

1er-4 mai

130

<1500

>1100

Légère baisse

5-9 mai

130

<1500

<1000

Tendance générale à la baisse

II. Secours

a) Organisation des secours

Du 18 au 23 mars, les interventions des services de secours sont limitées. Les premières évacuations commencent en retard, vers le 23 mars, après des repérages du début de la montée des eaux (voir le schéma ci-dessus). La Croix-Rouge s’est mobilisée pour intervenir en urgence auprès des familles sinistrées. Au début du mois d’avril, 190 familles ont été évacuées. Après le nombre d’évacuation a beaucoup augmenté.

b) La tenue et les dispositifs de pompiers

En cas d’inondations, les pompiers ont besoin de deux équipements : pour plonger (une bouteille d’oxygène, une combinaison de plongée) et une pour aller dans les maisons inondées et pour évacuer des personnes,… (une casquette, une veste et un pantalon imperméable et des bottes en caoutchouc). Il leur faut également un bateau pneumatique et une motopompe pour enlever l’eau.

III. Causes

Elles sont de trois types :

a) La situation de la Somme

La vallée de la Somme forme un ensemble de cours d’eau, de marais, d’étangs, d’ouvrages hydrauliques (canalisation…). Les nappes souterraines exercent une influence sur le niveau des eaux superficielles. Sur une grande partie de son parcours, la Somme reste très peu à l’état naturel, elle a été canalisée. Elle est souvent en dérivation (elle est changée de direction) et aussi en rivière. Le niveau du canal, lui, est trop élevé pour assurer l’écoulement des cours d’eau. La Somme et son canal peuvent évacuer des crues ordinaires mais les crues de 2001 étaient trop élevées et des débordements se sont alors produits. Le débit n’est pas assez suffisant par rapport à l’écoulement des nappes phréatiques qui est trop rapide. Il y a eu plus de cinq milliards de m3 qui ont été déversés par les pluies depuis le mois de septembre 2000. Ce surplus d’eau ne peut être évacuer par le fleuve et l’évaporation n’en a enlevé q’une petite partie.

b) Naturelles

- pluies (précipitations)

Les inondations sont bien sûr dues aux fortes pluies dans la région mais elles n’expliquent pas toutes les causes de cette catastrophe. Il existe deux phénomènes d’inondations : des pluies continues et journalières pendant un mois ou plus (le cas de la Somme) et aussi une pluie intense en une journée (violente).

abbevill

Précipitations à Abbeville

- marées

Les grandes marées ont détruites les digues et les ont dépassées. L’eau a pu monter facilement.

c) Humaine : insouciance

Des pompiers ont fait l’erreur de ne pas secourir tout de suite les habitants. Les habitants, eux, ont eu tort de construire des nouvelles maisons trop près des digues avec l’autorisation des administrations qui ont éliminé avant les inondations des haies et des fossés (qui auraient pu retenir les eaux de pluies).

IV. Améliorations

- pour le canal

Après les inondations, les solutions envisagées étaient :

- augmenter le plus rapidement possible le débit de la Somme et du canal.

- accélérer le déchargement des nappes.

- pendant l’été, évacuer l’eau des nappes phréatiques et de la vallée pour éviter une trop forte montée des eaux en automne.

- installer des pompes provisoires pour évacuer l’eau.

- informer les personnes, les évacuer le plus tôt possible, s’assurer de leur sécurité et celle de leurs biens.

Après les inondations, les digues ont été reconstruites plus solidement et plus hautes. Les maisons ont été reconstruites plus loin du fleuve et de la mer, selon des nouvelles normes autorisées. L’écoulement de l’eau de la Somme a été facilité vers la mer, pour éviter une montée des eaux trop rapide.

- secours

En cas d’autres inondations, les secours seraient présents près des habitants dès le début des mouvements et bien sûr pendant la durée des inondations pour de ne pas manquer de volontaires.

- prévoyance

La Somme est surveillée et, à la plus petite anormalité, les dispositifs sont prêts.